Mon dieu
il y a longtemps, une éternité, il semble
que je ne suis pas venue à vous
parfois j'ai envie d'ouvrir les bras grand
au milieu des passants pour embrasser
le monde qui me hante
je voudrais repartir pour la montagne
apprendre à vivre au creux de la pierre
me nourrir de ce qu'il tombe et me baigner
me bercer m'étreindre au vent
mais ce n'est pas possible comme ça n'est-ce pas ?
je suis si bien au fond de moi, mon dieu,
pourquoi ne m'y laissez-vous pas ?
Comment me faut-il absolument sortir toujours ?
Je voudrais, si je dois rester, entendre le chant des hommes,
celui qui sourd de leur profond désarroi, de leur grande détresse, je le vois bien sur les visages que personne ou presque ne sait comment s'y prendre pour vivre plutôt que survivre ...mais de quoi je m'occupe !?!
je marche encore, ma vie, je suis encore là, tu vois ? mon rêve, c'est toi, tu es ce qu'il peut m'arriver de plus beau, je le sens quand j'approche la Rose au coeur de la forêt ; je regrette de vivre si peu, mon dieu, quand je pourrais donner une églantine à la main. Et celui-là qu'on torture est mort pour nous sommer d'aimer.